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Au pays de Gandhi, il y a des méchants et des gentils

February 17

Ca y est je suis arrivé en Inde. Le vol ne m’a pas paru très long, grâce à la saison 4 de Dexter. Bien que mes bagages aient été parmi les derniers arrivés, mon chauffeur est toujours là, contrairement à la dernière fois où il était parti, las d’une attente interminable. Mais cette fois-ci pas de problèmes de douanes, en même temps je ne ramène pas un server de 30 kg à chaque fois… Bref, nous sortons de l’aéroport pour aller au parc de stationnement. Il me dit d’attendre en face des barrières, le temps qu’il aille chercher la voiture, qui est dans la zone payante, mais en sortant il ne me voit pas et je suis obligé de courir après de peur qu’il ne s’en aille. On ne sait jamais, il pourrait penser que je me suis fait alpaguer par un autre taxi. Finalement nous prenons la route. Je sens bien qu’il a envie de parler, mais je me dis qu’il vaut mieux attendre avant d’engager la conversation, après je ne pourrai plus m’en débarrasser. Il m’a l’air sympathique et parle bien anglais. Finalement, à force de me poser des questions, je réponds et la conversation s’engage. Il me dit que j’utilise le terme Bangalore pour désigner la ville mais que le nom de celle-ci a changé et que désormais il faut dire Bengaluru. Il me dit ça avec tout le respect du monde bien évidemment, mais je sens que ça a chez lui un accent, sinon de nationalisme, au moins de grand attachement à des racines culturelles fortes. Je sais bien que toutes les grandes villes d’Inde ont retrouvé leur nom d’avant la colonisation, mais cela ne m’avait jamais été notifié par les indiens du bureau, qui eux-mêmes continuent de dire Bangalore. Par la suite, il me dira que l’Inde n’est plus ce qu’elle était; que les occidentaux sont partis mais qu’ils sont toujours les bienvenus. En revanche, les musulmans sont restés et ça semble beaucoup le déranger. Entre temps, je lui ai dit que j’aimerais beaucoup apprendre l’hindi ou le kanada, ce qui l’enthousiasme énormément. Il me dit que le meilleur moyen d’apprendre c’est de regarder des “good romantic movies” et sur ce, il s’empresse de m’en passer un sur le téléviseur de la voiture. Bien évident, je ne comprends rien et en plus je déteste ça, mais je vois bien qu’il est aux anges, donc je feints de m’y intéresser. Lui, semblant le connaître par cœur, me prévient à chaque fois qu’il va y avoir une scène comique, ce qui me sauve un peu car je ne vois jamais ce qu’il y a de drôle. Quelques exemples: le héro casse la vitrine de la bijouterie pour offrir la bague de ses rêves à la fille qu’il vient tout juste de croiser et dont il est hyper amoureux, à la suite de quoi il se fait arrêter; Le méchant amène ses créanciers voir ce qu’il fait à ceux qui ne le remboursent pas à temps, afin de les dissuader de faire de même. Cette dernière scène est d’ailleurs assez violente je trouve, car on voit ce méchant très méchant casser les doigts d’un père de famille et tabasser une vieille. Ces scènes font donc énormément rire mon chauffeur et je suis étonné de voir que c’est à chaque fois à cause de quelque chose de violent qui suscite le rire chez lui. Je me dis que la violence n’est tellement pas dans leur culture que c’est chez eux un interdit qui fait rire…
Là-dessus, notre course s’arrête et c’est un petit peu piteux que je laisse partir le chauffeur, n’ayant pas un sous de pourboire à lui donner (il me reste en tout et pour tout une pièce de 10 roubles…). En arrivant, Dharma le boy de l’appartement m’attend (il est tout de même 2h30 du matin). Il me montre vite fait l’appartement que je connais déjà un peu car il appartenait à mon collègue Vincent et que nous avions fait une soirée chez lui cet été. Ce même collègue est rentré en France au début du mois avec tristesse en me laissant d’ailleurs dans l’appartement pas mal de cadeaux du style spray anti-moustique, gélules pour la chiasse, solutions hydro-alcooliques, etc. Merci Vincent ;)

 

Posted by on 17 February 2010 in Inde, Voyages

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